La planète des singes et le paradoxe du mimétisme

Publié dans Déroulement rolpoup, Films, Livres le Jeudi 2 juillet 2009 par rolpoup

 

Dans un billet précédent, j’ai tenté de noter un rapprochement de La planète des singes, livre et films, d’avec la théorie de René Girard sur la violence, le mimétisme et le sacré.

Une approche naturellement ignorée par Pierre Boulle, qui ne connaissait pas la théorie que son compatriote avignonnais développerait bien après son œuvre à lui… L’approche est ignorée aussi des réalisateurs des films successifs, Schaffner et Burton. La dimension religieuse de la société des singes évolués n’apparaissant assez explicitement que chez ce dernier — une religion qui, de façon surprenante, ne connaît pas le sacrifice, contrairement à ce qu’il en est de toutes les religiosités classiques de l’humanité.

Voilà qui, par la bande, dénote, en regard de la théorie de René Girard, moins de violence à évacuer chez les singes que chez les hommes — le sacrifice en étant l’exutoire.

*

Apparaît en revanche nettement chez Boulle tout autre chose (une autre forme de violence, sous-jacente), aspect qui a été estompé chez ses interprètes cinématographiques : l’approche « racialiste » de la relation hommes-singes et de l’intérieur de la société des singes — avec ses trois races (chimpanzés, orangs-outangs, gorilles) et leurs spécialisations.

Une approche qui correspond sans doute au regard qui est celui de Boulle, homme de son temps — d’un temps colonial puis déjà post-colonial — sur les relations entre l’Occident et le reste du monde.

Un monde « racialisé », connotant « hiérarchies » des « races ».

*

Où l’on retrouve dans La planète des singes, mais façon métaphorique, ce qui est présent ailleurs dans l’œuvre de Boulle…

Quelques citations du Pont de la rivière Kwai :

— d’après un article intitulé « Pierre Boulle : un auteur racialiste » (http://adrien637.blogspot.com/2005/12/la-plante-des-singes-de-pierre-boulle.html) :

« De la bouche même de Nicholson [héros du livre] : “L’essentiel (…) c’est que les garçons sentent qu’ils sont toujours commandés par nous, et non par ces singes [les Asiatiques]. Tant qu’ils seront entretenus dans cette idée, ils seront des soldats et non pas des esclaves”.

Alors que Saïto menace les officiers à la mitrailleuse, un soldat s’adresse à Clipton : “Doc, ils ne vont pas!… Ce n’est pas possible! Ce singe jaune n’osera pas?… Et le vieux qui s’entête!”

Lorsqu’un britannique en mission de reconnaissance pour la destruction du pont revint raconter ce qu’il a vu, il dira : “Si vous aviez vu l’allure de ces sentinelles, sir ! Des singes déguisés. Une façon de traîner les pieds et de se dandiner qui n’a rien d’humain…”

Saïto fera un discours où il répétera à satiété, combien il hait les Britanniques. Les Japonais sont eux persuadés de leur ascendance divine. Lui prêtant une gestuelle des plus agressives, Boulle commente ainsi : “La brutalité de ses expressions et de ses gestes désordonnés devait cependant être attribuée à un reste de sauvagerie primitive. “

Le roman met indéniablement en scène la concurrence de deux civilisations définies sur une base raciale.

À propos de Nicholson : “Le résultat d’ensemble en arrivait à affecter seul son esprit, symbolisant et condensant en une structure vivante les efforts acharnés et les innombrables expériences capitalisées au cours des siècles par une race qui s’élève peu à peu jusqu’à la civilisation. “

De la bouche de Nicholson : “Vous savez, Reeves, je compte vraiment sur vous. Vous êtes ici le seul homme techniquement qualifié, et je vous laisserai une très grande initiative. Il s’agit de démontrer notre supériorité à ces barbares.” »

L’article en retire que pour Boulle « l’Occident possède en propre, des facultés qui lui sont exclusives. Ce n’est pas seulement une aide ponctuelle que Nicholson amena à l’Orient, il contribua à lui livrer un facteur central de la domination occidentale, qui sera mis à profit comme nous le savons par ces tigres économiques, sans qu’ils n’eurent à faire l’effort de le découvrir eux-mêmes. »

De sorte que Nicholson « contribuera à l’éducation à la science occidentale, d’une race qui gardera pour elle, les avantages qui lui sont propres : la capacité d’imitation, le conformisme social et l’abnégation asiatique. »

Et là, on a touché la question mimétique — la capacité d’imitation — le propre du simiesque !

Où le mimétisme est dévalorisant : on est loin du sens que lui donnera René Girard, lequel permet de faire apparaître le paradoxe qui est au cœur des romans de Boulle, et notamment de La planète des singes, où le simiesque est annoncé par le titre du livre et le nom l’espèce vouée à supplanter les hommes : les singes, l’espèce mimétique.

« L’homme apprivoisa les singes, il entreprit même de leur montrer à parler. Ils apprirent et par imitation, ils réussirent à prendre sa place au faîte de sa propre civilisation. Cette relation de l’homme blanc et du singe dans le roman, illustre la relation dans le monde réel de l’homme blanc européen et de l’homme asiatique », écrit l’auteur de l’article déjà cité !

Le mimétisme comme signe d’une déficience, d’une inaptitude à inventer, le mimétisme comme alternative à l’intelligence humaine ou — selon le « racialisme » de l’époque dont Boulle est le témoin — occidentale.

Or ce qu’a montré depuis de façon impressionnante René Girard, c’est que le mimétisme est le propre de l’intelligence, et que l’intensité mimétique est le propre de l’intelligence humaine : l’homme a une plus grande capacité d’imitation. C’est pour cela qu’il a sa capacité d’invention, et corrélativement de violence insoluble, pouvant aller jusqu’à l’autodestruction du groupe ou de l’espèce, sauf à l’évacuer dans le dérivatif sacrificiel du bouc émissaire — cette pratique sacralisée dans la religion… et ignorée de la société des singes, dans toutes les œuvres issues du roman de Boulle ! Où les singes sont moins aptes au développement parce que moins simiesques, moins mimétiques que les hommes.

René Girard a posé un constat qui ruine le racialisme de l’époque de Boulle : la capacité d’imitation à partir d’un certain degré d’intensité est bien un signe d’intelligence humaine, un fondement de la culture et de la civilisation !

Un constat qui, parallèlement, donne une force supplémentaire au roman de Pierre Boulle, ce qu’en ont retenu les films successifs : l’intuition de la force destructrice du mimétisme humain, voire le passage à l’acte (la destruction par armes nucléaires du film de Schaffner) ouvre la place à des civilisations moins fatiguées par les excès du mimétisme culminant en violence — c’est le phénomène constant de la montée des barbares (comme pour les Romains… fatigués, remplacés par des peuples en phase d’acquisition du partage mimétique de leurs prédécesseurs)…

Mais contrairement à ce qu’il en serait d’un remplacement par des singes — mettons, pour maintenir la modernité du mythe, suite à des manipulations génétiques comme pour le film de Burton — ; contrairement donc à ce qu’il en serait pour des singes, peu de doutes que le mimétisme humain mène les remplaçants au même terme que les remplacés : humains, et donc intensément mimétiques, donc aptes au progrès, et à l’intensification de la violence…

À moins de se résoudre à recevoir le dévoilement de ce phénomène humain-là et d’opter pour un autre mode d’évacuation de la violence, celui qui a conduit le Christ à la croix.

 

 

Une Alliance qui ne peut être rompue

Publié dans Déroulement rolpoup le Mardi 23 juin 2009 par rolpoup

Calvin et l’élection : la pérennité de l’Alliance :

Dieu nous assure de son élection par la seule foi qu’il est fidèle à sa promesse — Institution de la religion chrétienne (IC), III, xxiv. Dieu nous a signifié sa garde en scellant alliance avec nous. Et cette Alliance nous précède, remontant avant la fondation du monde dans la promesse du Dieu éternel, et scellée dans le temps bien avant nous. Scellée avec Abraham.

Car c’est de cette Alliance-là qu’il s’agit : il y a une seule alliance, celle passée déjà avec Abraham : «l’Alliance faite avec les Pères anciens est si semblable à la nôtre, qu’on la peut dire une même avec elle. Seulement elle diffère en l’ordre d’être dispensée»IC II, X, 2.

Car Calvin établit la théologie sur la Bible entière, pas seulement sur le Nouveau Testament. Voilà qui porte des conséquences considérables — et notamment sur la considération de l’Alliance avec Israël, et de sa pérennité, sans laquelle l’Alliance ne vaut pas non plus pour les chrétiens.

Cette Alliance, scellé déjà par Dieu avec Abraham, Isaac et Jacob, avec Moïse et le peuple au Sinaï, n’est pas résiliable. Dieu-même s’est engagé ! L’Alliance conclue par Dieu avec les Pères n’ayant «pas été fondée sur leurs mérites mais sur sa seule miséricorde».

Dieu s’est engagé de façon irrévocable. Une révocation serait même contradictoire en christianisme, puisque la «nouvelle» Alliance — «nouvelle» non pas parce qu’elle serait autre, mais en tant qu’Alliance unique renouvelée — ; la «nouvelle» Alliance-même, donc, repose sur cette même fidélité de Dieu ! À nouveau, «L’Alliance faite avec les Pères anciens est si semblable à la nôtre, qu’on la peut dire une même avec elle. Seulement elle diffère en l’ordre d’être dispensée»IC II, X, 2.

Dès lors la promesse rappelée par Paul à Timothée ne vaut pour les chrétiens que si elle vaut pour les juifs : «si nous sommes infidèles, Dieu demeure fidèle car il ne peut se renier lui-même».

*

Une nouvelle Alliance ne saurait donc qu’être une Alliance renouvelée, l’Alliance déployant ses effets.

Nous voilà donc au cœur de l’enseignement de Calvin reconnaissant une seule Alliance, scellée avec Abraham, et «déployée en Jésus-Christ». C’est pourquoi les formes que prend cette unique Alliance sont secondes par rapport au lien qui se scelle en la promesse de Dieu, en sa parole-même, qui transcende les signes où elle nous est annoncée, que ce soit les signes propres au judaïsme, ou ceux du christianisme.

La réalité essentielle nous transcende. Elle est fondée dans l’éternité de Dieu, signifiée dans le temps à Abraham et aux patriarches, et «déployée en Jésus-Christ».

Ici se noue le lien entre la conviction chrétienne de Calvin — concernant Jésus en qui se déploie l’Alliance — et le fait que l’Alliance avec Israël ne soit en aucun cas rompue. C’est la même que celle qui se déploie en Jésus-Christ — ce qui fait que Calvin n’est pas juif mais chrétien —, qui veut que l’Alliance avec Israël ne puisse être caduque, quand bien même Calvin ne doute pas qu’elle soit déployée en Jésus-Christ, et qu’en elle se signifie, se dévoile comme dimension intérieure, spéciale (concernant l’Église invisible), l’élection générale scellée avec Abraham.

C’est bien dans l’ordre de cette élection générale que se constitue l’Église comme peuple élargi aux nations pour une vocation qui rejoint celle adressée à Abraham et à Israël. Car, ayant parlé d’élection, il convient de préciser qu’il s’agit là avant tout essentiellement d’une vocation à porter une parole et pas d’un privilège en forme de mol oreiller.

S’il y a un privilège, certes, c’est celui d’être appelés à être comme coopérateurs de Dieu pour faire advenir le jour où selon la promesse d’Ésaïe (2, 3-4) — conformément à ce que «de Sion sortira la loi, de Jérusalem la parole du Seigneur» — «il sera juge entre les nations, l’arbitre d’une multitude de peuples. De leurs épées ils forgeront des socs de charrue, de leurs lances des serpes : une nation ne lèvera plus l’épée contre une autre, et on n’apprendra plus la guerre.»

(RP, AJC Antibes – Juan-les-Pins 18.06.09 – http://rolpoup.hautetfort.com/archive/2009/06/10/index.html)

 

La pérennité de l’Alliance. Une conviction qui fonde aussi dès lors l’œcuménisme intra-chrétien, dévoilant tout le sens positif de la remarque de Calvin sur la permanence du statut ecclésial des communautés rattachées à Rome :

« Nous ne nions point que les Églises sur lesquelles le pape domine par sa tyrannie, ne demeurent des Églises, mais nous disons qu’il les a profanées par son impiété, qu’il les a affligées par sa domination inhumaine, qu’il les a empoisonnées de fausses et méchantes doctrines, et quasi mises à la mort, au point que Jésus-Christ y est à demi enseveli, l’Évangile y est étouffé, la chrétienté y est exterminée, le service de Dieu y est presque aboli ; bref, tout y est si fort troublé, qu’il apparaît plutôt une image de Babylone, que de la sainte cité de Dieu.
Et cependant, « je dis que ce sont des Églises, premièrement, en tant que Dieu y conserve miraculeusement les restes de son peuple, bien qu’ils y soient pauvrement dispersés ; secondement, en tant qu’il y reste quelques marques de l’Église, principalement celles dont la vertu ne peut être abolie, ni par l’astuce du diable ni par la malice des hommes. » (IC, IV, ii, 12).

Cf. :
Calvin au-delà des caricatures
Calvin et les manuels scolaires…
Calvin en bref
Prédestination…
Calvin et la Loi de la liberté
Le calvinisme et la Cité
Protestantismes réformés
La résurrection du Christ
Calvin et l’élection : la pérennité de l’Alliance
Année Calvin. Un cheminement intéressant…
Pourquoi Calvin aujourd’hui ?
Obsession Calvin

 

 

sur “2001 : l’odyssée de l’espace”

Publié dans Déroulement rolpoup, Films le Lundi 15 juin 2009 par rolpoup

La planète des singes

Publié dans Déroulement rolpoup, Films le Mercredi 10 juin 2009 par rolpoup

 

Le film de Franklin J. Schaffner (1968) :

 

 

Humains et dès lors plus violents que les singes,
parce que plus aptes au mimétisme… plus simiesques !

 

 

 

Obsession Calvin

Publié dans Déroulement rolpoup, Noms le Samedi 25 avril 2009 par rolpoup

 

 

 

« L’homme n’a pas de tombeau.


Ce n’est pas qu’on lui en ait refusé l’honneur. Il l’avait voulu, enseigné.


Une simple pierre aux initiales J.-C., dans le cimetière de Plainpalais [à Genève], sur l’emplacement présumé de la sépulture, exprima, près de trois siècles après, la reconnaissance d’une pieuse postérité. Impossible, par conséquent, de localiser [sa] tombe […].


On n’a pas exposé son corps à la vénération publique, qu’il soit embaumé, ou dans sa bière, ou déjà sous la terre, comme cela est coutumier à l’endroit des souverains pontifes et des dignitaires l’Eglise romaine. On a respecté sa volonté. On a suivi son enseignement qui n’est autre, dans son exigence de simplicité, que celui la Bible. L’homme, dans l’attente de la résurrection, retourne à la poussière. La gloire revient à Dieu.


Ce dépouillement sied à la stature de Calvin. Il illustre sa personnalité. Au delà des caricatures, des déformations, de toutes les calomnies, cette absence de pompe funéraire laisse aux puissants échos de sa vie toute liberté. Le personnage ne s’est pas figé dans le marbre, figure elle-même périssable de l’immobilité de la mort. […] »


Ce sont les premières lignes du livre de Gabriel Mützenberg, L’obsession calviniste (Genève, Labor & Fides, 1979).

 

 

Voilà qui illustre bien le problème médiatique du Réformateur : il n’a pas aimé la publicité, elle le lui a bien rendu.


Si bien qu’il nous en reste, comme portrait, des caricatures. Il n’est pas jusqu’aux gravures, peintures et représentations, qui ne semblent inspirées du seul portrait dont il soit probablement indubitable qu’il date de son vivant : une caricature, précisément : un Calvin croqué par un de ses étudiants !… Croquis qui semble reproduit indéfiniment comme portrait unique… Venant souligner les caricatures émanant des pays de la Contre-réforme — qui a été indubitablement efficace.


Ici, pas de prénom Calvin donné aux enfants quelle que soit leur appartenance religieuse, comme dans le monde anglo-saxon, où le Français fut reçu à la mesure de sa stature.


En France, à l’instar de l’Autriche, deux pays de la Contre-réforme passés au despotisme éclairé, les caricatures du Réformateur semblent constituer le seul trait d’union — en forme de bouc émissaire, pour reprendre le titre du chapitre premier du livre de G. Mützenberg. De la Contre-réforme à la France de Voltaire et à l’Autriche débouchant sur le XXe siècle de Stefan Zweig — qui, lui, en fait carrément une métaphore d’Hitler !…


La liste serait longue de ceux qui attribuent à un Calvin qui n’en est même pas citoyen, le pouvoir (« dictatorial », comme il se doit !) sur la ville de Genève qui exécute Servet selon la loi impériale et selon l’époque. Voilà de même ce thème classique de l’orthodoxie occidentale, la prédestination (dogme commun depuis 529 – second concile d’Orange) devenant l’invention de Calvin. Il n’est pas jusqu’à la crise financière de ce début de XXIe siècle, qui ne lui doive quelque chose en tant qu’ « inventeur du capitalisme » ! (Né au moins deux siècles auparavant…).


De l’obsession au statut de bouc émissaire pour plusieurs qui se payent ainsi un statut vertueux en s’indignant contre le personnage…


Où 2009 présente l’utilité, via un retour sur caricatures, de réfléchir sur la raison de quelques obsessions…


 

Éléments de bibliographie :


Lire Calvin :


Institution de la religion chrétienne, Éd. J.D. Benoit, Paris, Vrin, 1957-1963.

A paraître fin mars-début avril 2009 :
Institution de la religion chrétienne/ (1560), édition en français moderne par Marie de Védrines et Paul Wells, Ed. Kerygma et Excelsis, env. 1500 p.

Œuvres de Jean Calvin dans la collection La Pléiade à paraître le 17 avril 2009

Petit traité de la sainte Cène. Int. Marianne Carbonnier-Burkhard et Laurent Gagnebin.- Olivétan, 2008 (Coll: Petite bibliothèque protestante), 86 p.,

Traité des reliques. Prés. & notes de Bernard Cottret.- Les Éditions de Paris /Max Chaleil, 2008, 76 p.

Une spiritualité à visage humain. Le Livre d’or de la vie chrétienne.- Ed. Excelsis, 1999, 96 p.

Instruits-moi dans ta vérité. Brève instruction chrétienne.- Ed. Excelsis, 1998, 80 p.

Œuvres choisies. Ed. présentée et annotée par O. Millet. Gallimard, 1995 (Coll. : Folio Classique n°2701), 336 p., index.


Introductions :


Blandenier, Jacques : Martin Luther et Jean Calvin. Contrastes et ressemblance.- Ed. Excelsis & Je Sème, 2008, 304 p.

Cadier, Jean : Calvin, Paris, PUF, 1966.

Christin, Olivier, Les Réformes. Luther, Calvin et les protestants, Découvertes Gallimard, Paris, 1995.

Cottin, Jérôme : Jean Calvin & la modernité de Dieu. 1509 – 1564.- Éditions du Signe, 65 p. 3, 00€.
Du même, pour les enfants : Calvin, l’ami de Dieu (Jérôme Cottin & Corinne Vonaesch).- 47 p., ill., 1,50€

Denimal, Eric : Calvin, héraut de Dieu, Paris, Presses de la Renaissance, 2009.

Elwood, Christopher : Calvin… sans trop se fatiguer. Illustrations de Mix et Remix.- Labor et Fides, 2008, 177 p., index, ill.

Gisel, Pierre ; Higman, Francis : Calvin, Jean (1509 – 1564).- In : Encyclopédie du protestantisme. Ss la dir. de Pierre Gisel. 2ème éd. revue, corrigée et augmentée.- Paris/Genève. PUF/Labor et Fides, 2006 (Coll: Quadrige/Dicos Poche), 1572 p.

McComish, William : Calvinisme.- In : Encyclopédie du protestantisme. Ss la dir. de Pierre Gisel. 2ème éd. revue, corrigée et augmentée.- Paris/Genève. PUF/Labor et Fides, 2006 (Coll. : Quadrige/Dicos Poche), 1572 p.

Tourn, Giorgo : Jean Calvin. Le réformateur de Genève.- Olivétan, 2008, 124 p.


Vie & Théologie :


Bèze, Théodore de, La vie de Jean Calvin, Europresse, 1993.

Biéler, André : La pensée économique et sociale de Calvin. Georg, 2008, nouvelle éd. augmentée d’une préf. de Michel Rocard.

Buckler, Andy : Calvin et la mission.- Olivétan, 2008 176 p.

Castellion, Sébastien, Contre le libelle de Calvin, Éditions Zoé, Genève, 1998.

Calvin et le calvinisme. Cinq siècles d’influences sur l’Eglise et la Société. Ed. par Martin Ernst Hirzel et Martin Sallmann.- Labor et Fides, 2008, 360 p.

Crouzet, Denis : Jean Calvin. Vies parallèles.- Fayard, 2000, 481 p., index, bibl.

Cottret, Bernard : Calvin. Biographie.- Payot & Rivages, 1995, 456 p., index, bibl.

Gisel, Pierre : Le Christ de Calvin. (Coll. : Jésus et Jésus Christ N°44).- Paris. Desclée, 1990, 208 p.- index.

Giran, Étienne, Sébastien Castellion et la Réforme calviniste. Les deux Réformes, Hachette, Paris, 1914

Doumergue, Emile : Le caractère de Calvin.- La Cause, 2008 (1er éd. 1931), 176 p.

Fuchs, Éric, La morale selon Calvin, Cerf, Paris, 1986

Hebding, Rémy : Pour comprendre la pensée de Jean Calvin.- Olivétan, 2008, 112 p.

Janton, Pierre : Jean Calvin ministre de la parole (1509-1564).- Cerf, 2008 (Coll: Histoire), 385 p., bibl., index.

Keller, Carl A., Calvin Mystique – au cœur de la pensée du réformateur, 2001, Editeur : Labor et Fides.

Krumenacker, Yves, Calvin. Au-delà des légendes, 2009, Editeur / Edition : Bayard.

Millet, Olivier, Calvin et la dynamique de la parole, Champion, Paris, 1992

Müller, Denis : Jean Calvin. Puissance de la Loi et limite du Pouvoir.- Michalon, 2001 (Coll. : Le bien commun), 123 p., bibl.

Reymond, Bernard : Le protestantisme et Calvin. Que faire d’un aïeul si encombrant ? Labor & Fides, 2008, 136 p.

Vial, Marc : Jean Calvin. Introduction à sa pensée théologique. Préf. Olivier Fatio.- Musée int. de la Réforme/Labor et Fides, 2008, 176 p., bibl., index, ill.

Schmidt, Albert-Marie : Jean Calvin et la tradition calvinienne. Nvelle éd. mise à jour et corrigée. Préf. de R. Stauffer.- Cerf, 1984 (Coll. : Semeurs), 152 p., bibl.

Weeda, Robert, Le Psautier de Calvin. L’histoire d’un livre populaire au XVIe siècle (1551-1598), Brepols, Turnhout, 2002

Wendel, François : Calvin. Sources et évolution de sa pensée religieuse (1950). Préf. de R. Stauffer.- Genève. Labor et Fides, 1985, 302 p., index, bibl.


Calvin en son temps :


Millet, Olivier : Calvin et ses contemporains.- Droz, 1998, 314 p.

Reymond, Bernard: Les plumes de la Réforme. Calvin, Bèze, La Taille, d’Aubigné. In : Le protestantisme et la littérature. Portraits croisés d’un horizon partagé.- Coll. Protestantismes. Labor & Fides, 174 p., 2008

La littérature militante en France (p. 235-236).- In : V. La seconde moitié du XVIe.- In : Lettre Européennes. Manuel d’histoire de la littérature européenne.- Ss la dir. de Annick Benoit- Dusausoy et de Guy Fontaine.- Préf. Vaira Vike-Freiberga. Ed. De Boeck Université, 2ème éd., 2007, 862 p.

La Réforme et les littératures (p. 184).-.- In : Lettre Européennes. Manuel d’histoire de la littérature européenne : L’Humanisme de la Renaissance (1450 – 1550).– Ss la dir. de Annick Benoit- Dusausoy et de Guy Fontaine.- Préf. Vaira Vike-Freiberga. Ed. De Boeck Université, 2ème éd., 2007, 862 p.

Guerdan, René : La vie quotidienne à Genève au temps de Calvin.- Hachette Littérature, 1977, 256 p.


Dans les revues :


BULLETIN DU C.P.E., n° 7, novembre 2006
La double prédestination chez Calvin. L’intention et le durcissement – L’énigme d’une doctrine – Le paradoxe de la foi en Christ – Le paradoxe du “conseil de Dieu” – Le paradoxe de la “docte ignorance” – Le paradoxe du “Soli Deo gloria” – Conclusion : une nécessaire réinterprétation – Notes bibliogr.

BULLETIN DU C.P.E., n° 5, Octobre 2004
O. Abel : Destin et prédestination chez Calvin – Bibliogr.

BULLETIN DE LA S.H.P.F., JANVIER-FEVRIER-MARS 2009
ETUDES HISTORIQUES : CALVIN ET LA FRANCE
I. – Calvin et la France à l’époque de Calvin II. – Réception et images de Calvin (XVIe-XVIIIe siècles) III. – Calvin dans la culture française et l’historiographie moderne.

BULLETIN DE LA S.H.P.F., AVRIL-MAI-JUIN 1995
GILMONT (J.F.) : Les sermons de Calvin : de l’oral à l’imprimé (p.145-162)

BULLETIN DE LA S.H.P.F., N° 136, OCT-DEC 1990
PEILIN J. : Essai sur la pensée calvinienne (p.565-574) (Traduit du chinois par A. Coupry).

CALVIN THEOLOGICAL JOURNAL, n° 2, 2006
K.Y. Maee : Hero or villain. Interpretations of John Calvin and his legacy.

ETUDES THEOLOGIQUES ET RELIGIEUSES, N°3, 2008
DERMANGE F. : Calvin aux origines de la Démocratie ? Notes bibl.

ETUDES THEOLOGIQUES ET RELIGIEUSES, N° 4, 1990
CARBONNIER J. : Le calvinisme entre la fascination et la nostalgie de la loi (p.507-518)
Leçon d’ouverture de l’année universitaire 1989-1990, prononcée à la Faculté de Théologie de Montpellier le 7 novembre 2007, lors de la remise du doctorat Honoris Causa au doyen J. Carbonnier.

FOI ET VIE, N° 2, AVRIL 1998
HALTER (D.): Job et Calvin.

FOI ET VIE, N° 5, DECEMBRE 1996
SCHOLL H.: Justus ex fide vivit. Les divergences luthéro-réformées dans la perspective du cours de Barth sur Calvin de 1922 (p.17-43)

LE MESSAGER (LE), N°3, janvier 2009
Dossier 500ème anniversaire. Du bon usage de Jean Calvin – Calvin en colère – Un Calvin très humain – Calvin sur internet – Calvin à Strasbourg – Des seconds rôles de premier plan – Calvin clés en mai (ou presque).

NOTRE EFFORT N°333, janvier 2008
L’héritage de Calvin et son importance pour les chrétiens aujourd’hui.

POSITIONS LUTHERIENNES, N° 3, 2001
WIEGER M. : Les lettres particulières de consolation dans la correspondance française de Jean Calvin.

REFORMED WORLD, n° 4, décembre 2007
John Calvin :
What is his legacy ? An international consultation seeks the answer on the eve of his 500th birthday
A lire aussi : John Calvin Rediscovered.- Ed.Edward Dommen & James D. Bratt, Louisville, Westminster John Knox Presse, 2007.

REVUE REFORMEE, N°185, 2-3 1995
- MARTIN (Alain-Georges) : Aimez-vous lire Calvin ?
(p.69- 72)
- DAUMAS (Jean-Marc) : Ecclésiologie: cheminement de la pensée calvinienne à travers les rééditions de l’”Institution chrétienne” (p.73-88)

REVUE REFORMEE, N° 191, NOVEMBRE 1996
MILLET (O.) : L’humanité de Calvin (p.9-24)

REVUE REFORMEE, n° 244, Octobre 2007
E. Brink : La prédestination et la liberté humaine peuvent-elles faire bon ménage ?

REVUE REFORMEE, N° 213, JUIN 2001
FATH (S.) : Calvin aux Etats-Unis : des Pères puritains à l’affaire Lewinski.

UNITE CHRETIENNE, N° 124, NOVEMBRE 1996
REYMOND (A.) : Calvin, l’Ecriture et les Pères de l’Église (p.21-39).

 

 

 

 

Cf. :
Calvin au-delà des caricatures
Calvin et les manuels scolaires…
Calvin en bref
Prédestination…
Calvin et la Loi de la liberté
Le calvinisme et la Cité
Protestantismes réformés
La résurrection du Christ
Calvin et l’élection : la pérennité de l’Alliance
Année Calvin. Un cheminement intéressant…
Pourquoi Calvin aujourd’hui ?
Une Alliance qui ne peut être rompue

 

 

La résurrection du Christ

Publié dans Déroulement rolpoup, Textes le Dimanche 12 avril 2009 par rolpoup

selon Calvin, Institution de la religion chrétienne, II, xvi, 13 :

D’autant qu’en la croix, en la mort et en la sépulture de Christ n’y apparaît qu’infirmité, il faut que la foi passe outre, pour être pleinement corroborée. Ainsi, bien qu’en sa mort nous ayons entier accomplissement de salut, vu que par elle nous sommes réconciliés à Dieu, il a été satisfait à son juste jugement, la malédiction a été abolie, et nous avons été acquittés de toutes les peines dont nous étions redevables: néanmoins il n’est pas dit que par la mort nous ayons été ressuscités en espérance vive, mais par la résurrection (1 Pierre 1: 3). Car comme lui, en ressuscitant, s’est montré vainqueur de la mort, ainsi la victoire de notre foi consiste en sa résurrection.

“Alors qu’il faisait encore sombre, elle se rend au tombeau”…

NOTRE JUSTIFICATION

Les mots de S. Paul montreront mieux ce que cela veut dire, quand il dit qu’il est mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification (Rom. 4: 25): comme s’il disait que par sa mort le péché a été ôté, par sa résurrection, la justice a été instaurée. Car comment en mourant nous eût-il pu délivrer de la mort, s’il y eût succombé? Comment nous eût-il acquis la victoire, s’il eût défailli au combat? C’est pourquoi nous partageons la substance de notre salut entre la mort de Christ et sa résurrection, de telle sorte que nous disons que par la mort le péché a été détruit, et la mort effacée; par la résurrection, la justice établie, et la vie remise au-dessus: et cela en telle sorte que c’est par le moyen de la résurrection que la mort a son efficace.
C’est pourquoi S. Paul nous montre que Jésus-Christ a été déclaré Fils de Dieu en sa résurrection (Rom. 1: 4), parce qu’alors il a déployé sa vertu céleste, qui est comme un clair miroir de sa divinité, et un ferme appui de notre foi. Comme en un autre passage il dit qu’il a souffert selon l’infirmité de la chair, et est ressuscité de la vertu de son Esprit (II Cor. 13: 4). Selon le même sens, en traitant de la perfection, il dit: Je m’efforce afin de le connaître, et la vertu de sa résurrection (Phil. 3: 9-10). Au reste, il ajoute tantôt après, qu’il poursuit d’être conjoint et associé à sa mort. A quoi s’accorde très bien le dire de S. Pierre: que Dieu l’a ressuscité des morts, et lui a donné gloire, afin que notre foi et espérance fût en Dieu (1 Pierre 1: 21): non pas que notre foi étant appuyée sur la mort de Jésus-Christ chancelle, mais que la vertu de Dieu qui nous garde sous la foi, se découvre principalement et démontre en la résurrection.
Qu’il nous souvienne donc, toutes les fois qu’il est fait mention seulement de la mort, que ce qui est propre à la résurrection y est compris; qu’il y a aussi une même raison et forme de parler, quand la résurrection est nommée seule, parce qu’elle tire avec soi ce qui convient spécialement à la mort. Mais parce que Jésus-Christ en ressuscitant s’est acquis la palme de victoire, pour être résurrection et vie, S. Paul à bon droit débat et maintient que la foi serait anéantie, et que l’Evangile ne serait que fallace et mensonge, sinon que nous soyons bien persuadés en nos cœurs de la résurrection de Jésus-Christ (1 Cor. 15: 17). C’est pourquoi en l’autre passage, après qu’il s’est glorifié en la mort de Jésus-Christ contre toutes les frayeurs de condamnation qui nous troublent, il ajoute, pour mieux amplifier, que celui qui est mort est aussi ressuscité, et apparaît devant Dieu intercesseur pour nous (Rom. 8: 34).

NOTRE SANCTIFICATION

Davantage, comme nous avons ci-devant exposé que la mortification de notre chair dépend de la communication de la croix de Christ, aussi il faut entendre qu’il y a un autre fruit correspondant à celui-là, provenant de sa résurrection. Car nous sommes, comme dit l’Apôtre, entés en la similitude de sa mort, afin qu’étant participants de sa résurrection, nous cheminions en nouveauté de vie (Rom. 6: 4-5). C’est pourquoi en un autre lieu, comme il déduit un argument de ce que nous sommes morts avec Christ, qu’il nous faut mortifier nos membres sur la terre: aussi, de ce que nous sommes ressuscités avec Christ, il infère qu’il nous faut chercher les choses célestes (Col. 3: 1-5). Par ces paroles, non seulement il nous exhorte à nouvelle vie, à l’exemple de Christ ressuscité, mais il enseigne que cela se fait par sa vertu, que nous soyons régénérés en justice.

NOTRE RÉSURRECTION

Nous avons une troisième utilité de cette résurrection: c’est que comme ayant une arrhe de la résurrection, nous en sommes rendus plus certains de la nôtre, d’autant que celle de Christ en est le fondement et la substance, comme il en est parlé plus à plein en la première aux Corinthiens (ch. 15).
Il faut aussi en passant noter qu’il est dit être ressuscité des morts: en quoi la vérité de sa mort et résurrection est signifiée, comme s’il était dit qu’il a souffert une même mort que les autres hommes, et qu’il a reçu immortalité en la même chair qu’il avait prise mortelle.

…”et voit que la pierre a été enlevée du tombeau.”
(Évangile de Jean ch. 20, v. 1)

*

Cf. :
Calvin au-delà des caricatures
Calvin et les manuels scolaires…
Calvin en bref
Prédestination…
Calvin et la Loi de la liberté
Le calvinisme et la Cité
Protestantismes réformés
Calvin et l’élection : la pérennité de l’Alliance
Année Calvin. Un cheminement intéressant…
Pourquoi Calvin aujourd’hui ?
Obsession Calvin
Une Alliance qui ne peut être rompue

 

 

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Calvin et la Loi de la liberté

Publié dans Déroulement rolpoup, Noms le Samedi 14 mars 2009 par rolpoup

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Calvin distingue trois usages de la Loi biblique : l’usage pédagogique, l’usage politique et l’usage normatif.

- Selon son usage pédagogique, la Loi produit en l’homme la conscience de son incapacité à accomplir ce qu’elle prescrit ou défend (exemple classique : l’interdit de la convoitise — qui peut dire être exempt de convoitise ? Son interdiction est pourtant un précepte du Décalogue / précepte final les «Dix commandements»). Sous cet angle, la Loi sert de «pédagogue» pour nous conduire à recourir à la grâce de Dieu : reconnaissant n’être pas à la hauteur de ses exigences, j’en appelle à Dieu. (Galates 3:24 : « la loi comme pédagogue pour nous conduire à Christ » en qui la grâce de Dieu est dévoilée en toute clarté, « afin que nous soyons justifiés par la foi »).
C’est là le fondement de l’enseignement luthérien de la justification par la foi seule, reçu sans réserve par Calvin.

- Selon son usage politique ou civil, la Loi a pour but de restreindre le mal dans la Cité et de promouvoir la justice. Elle fournit des principes, qui s’appliquent de façon analogique selon les temps et les lieux dans la vie civile et politique.

- Selon son troisième usage, la Loi devient chemin de libération. C’est pour Calvin, qui se démarque ici de Luther, le principal usage de la loi : notre libération est effectivement mise en œuvre par ce que produit en nous l’injonction de la Loi. Exemple : le commandement donné à Abraham, ou au peuple libéré de l’esclavage : «quitte ton pays», «sors de l’esclavage». La libération qui est dans le recours à la grâce ne produit son effet que si elle reçue et donc mise en œuvre.

La liberté donnée à la foi seule qui reçoit la grâce — ce seul recours, selon l’usage pédagogique de la Loi — ; cette liberté ne devient effective que lorsque l’exigence de la Loi donnée comme norme suscite, parce qu’elle est entendue, la mise en route obéissante.

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Mais, dira-t-on, on ne sache pas que les chrétiens protestants, et calvinistes, pratiquent les 613 mitsvoth — les 613 commandements de la Loi biblique — ?! Pas plus que les autres chrétiens…

Où il faut parler, à côté de trois usages de la Loi, de trois aspects de la Loi : l’aspect moral, l’aspect cérémoniel et l’aspect judiciaire.

L’aspect cérémoniel (les cérémonies religieuses de la Loi) et l’aspect judiciaire (dans la gestion de la vie le la Cité), sont perçus, quant à leur lettre, comme correspondant à un temps et à une culture donnée. Mais ils peuvent varier dans leur pratique selon les circonstances. Ainsi, quant à l’aspect cérémoniel, on ne pratique pas aujourd’hui de sacrifices d’animaux dans le Temple de Jérusalem — de toute façon détruit (sacrifices correspondant pourtant à des préceptes cérémoniels). Une perspective calviniste considère que cela vaut pour tout commandement en son aspect cérémoniel — lié à des temps, des lieux, des cultures. Cela vaut aussi pour l’aspect judiciaire : par exemple les formes de gouvernements, qui sont variables selon les lieux.

En revanche l’aspect moral, comme norme idéale, comme visée de perfection — qui au-delà du Décalogue, se résume au «double commandement» : «tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton être et ton prochain comme toi-même»  — ; cet aspect de la Loi n’est pas sujet aux variations culturelles, même si son application s’adapte aux circonstances dans ce qui est l’usage normatif de la Loi.

Le troisième usage de la Loi, l’usage normatif, apparaît alors comme mise en œuvre de son aspect moral, comme injonction libératrice.

Où l’on retrouve les préceptes comme «lève-toi et marche» commandement adressé par Pierre au paralytique ; «sors de ta tombe» ; commandement adressé par Jésus à Lazare, «va pour toi» (lekh lekha) commandement adressé dans la Genèse à Abraham — et «tu choisiras la vie», l’injonction libératrice que donne le Deutéronome.

Telle est alors la parole de Dieu donnée comme Loi, parole libératrice, créatrice d’impossible. C’est là le Dieu créateur de la Bible — et non pas une hypothèse en concurrence avec les laboratoires de recherche!

Dieu vivant et vivificateur par la Parole qui fonde de la sorte la création. Par une parole de libération établissant pour la liberté des êtres responsables.

*

Cf. :
Calvin au-delà des caricatures
Calvin et les manuels scolaires…
Calvin en bref
Prédestination…
Le calvinisme et la Cité
Protestantismes réformés
La résurrection du Christ
Calvin et l’élection : la pérennité de l’Alliance
Année Calvin. Un cheminement intéressant…
Pourquoi Calvin aujourd’hui ?
Obsession Calvin
Une Alliance qui ne peut être rompue

 

 

“Pas le temps”…

Publié dans Déroulement rolpoup, Musique, Textes le Jeudi 19 février 2009 par rolpoup

 

 

“Tout ce que ta main trouve à faire avec ta force, fais–le ; car il n’y a ni œuvre, ni pensée, ni science, ni sagesse, dans le séjour des morts, où tu vas.”

Ecclésiaste 9,10

 

Pink FloydTime

 

Rachetez le temps, car les jours sont mauvais.”

Éphésiens 5:16

 

*

 

Ticking away the moments that make up a dull day
You fritter and waste the hours in an off hand way
Kicking around on a piece of ground in your home town
Waiting for someone or something to show you the way

Tired of lying in the sunshine staying home to watch the rain
You are young and life is long and there is time to kill today
And then one day you find ten years have got behind you
No one told you when to run, you missed the starting gun

And you run and you run to catch up with the sun, but its sinking
And racing around to come up behind you again
The sun is the same in the relative way, but youre older
Shorter of breath and one day closer to death

Every year is getting shorter, never seem to find the time
Plans that either come to naught or half a page of scribbled lines
Hanging on in quiet desperation is the english way
The time is gone, the song is over, thought Id something more to say

Home, home again
I like to be here when I can
And when I come home cold and tired
Its good to warm my bones beside the fire
Far away across the field
The tolling of the iron bell
Calls the faithful to their knees
To hear the softly spoken magic spells.

 

*

 

“L’homme ne connaît pas non plus son heure, pareil aux poissons qui sont pris au filet fatal, et aux oiseaux qui sont pris au piège ; comme eux, les fils de l’homme sont enlacés au temps du malheur [...].”

Ecclésiaste 9,10

 

 

Réforme et mouvements précurseurs

Publié dans Déroulement rolpoup le Mardi 3 février 2009 par rolpoup

Esquisse d’une généalogie du protestantisme,
des mouvements précurseurs aux temps modernes

Bible / Gutenberg

L’effet de la libération intérieure de Martin Luther sera de… « faire sauter les canalisations de la grâce ».

Luther moine, inquiet quant à sa relation avec Dieu devant le poids de culpabilité qui assaille quiconque est attentif aux méandres de son âme, découvre que la grâce — la faveur — de Dieu est inconditionnelle. Quel que soit ce poids intérieur, quelle que soit la légitimité du sentiment de culpabilité, Dieu en libère la victime par la seule attestation de ce qu’il se montre favorable, attestation reçue par la foi seule — sola fide. Et cette parole libératrice, Luther la trouve dans l’Écriture seule — sola scriptura — et non dans l’appareil mis en place par la hiérarchie romaine, que je viens d’appeler « canalisations de la grâce »

Cet appareil s’est mis en place au cours de tout un développement historique qui a suscité parallèlement sa propre opposition qui a débouché sur la Réforme ; l’éclatement se produit à l’occasion de l’affichage par Luther, sur la porte de l’église du château de Wittenberg, de ses fameuses 95 thèses contre les indulgences, le 31 octobre 1517. Les indulgences sont alors devenues un élément central du dispositif de canalisation de la grâce : elles signifient le pouvoir que s’octroie l’Église hiérarchique d’abréger les peines — qui se prolongent jusqu’en purgatoire — consécutives au péché et à la culpabilité qu’il engendre et dont souffre Luther. À l’époque de Luther, les indulgences se monnaient — financièrement… Et Luther réalise qu’on est justifié devant Dieu par la foi seule !

Sa proclamation emporte la moitié de l’Europe — dont plusieurs princes qui, plutôt que d’aller demander à Rome pour savoir ce qu’ils croient, entendent désormais « protester » — témoigner — par eux-mêmes de la foi qui les habite — origine du terme « protestant ».

À ce point, ce qui est un moment de l’histoire de la foi de la fin du Moyen Âge est appuyé par des pouvoirs politiques — ce qui signifie l’émergence publique d’une protestation qui sourd silencieusement depuis plusieurs siècles via plusieurs mouvements, en parallèle à — et contre — la mise en place du pouvoir de l’Église romaine.

Au Moyen Âge : mouvements dissidents
face à une Église contestée

L’Empire et la réforme grégorienne. On peut faire remonter cette histoire au coup d’État carolingien. Voilà une Église d’Occident dont la tête, l’évêque de Rome, entend promouvoir un État qui assume ses responsabilités chrétiennes. Rome n’est pas satisfaite de la façon dont le pouvoir mérovingien lui semble les négliger. La famille carolingienne (les « maires du palais » — disons « les Premiers ministres ») a fait preuve de plus de zèle, notamment au plan militaire — aussi bien contre les Lombards menaçant Rome que contre les Sarazins signifiant un autre lieu symbolique, d’une autre foi religieuse.

La famille carolingienne est donc élevée à la royauté en Pépin le Bref, puis carrément à l’Empire en 800 avec le couronnement de Charlemagne par le pape Léon III. Coup d’État dénoncé par Byzance qui déplore que l’on ignore qu’il existe déjà un Empire !

La différence est que le second Empire, carolingien, dépend par sa création, de l’évêque de Rome. C’est la nouveauté qui est à l’origine du conflit médiéval de la papauté et de l’Empire, qui pense pouvoir ne pas l’entendre de cette oreille.

Bref, vient le jour où Rome triomphe — symbolique de ce triomphe : l’humiliation de l’empereur Henri IV à Canossa en 1077 devant le pape Grégoire VII. Le nom de ce pape désignera l’avènement d’une papauté au règne sans partage : la réforme grégorienne.

Désormais Rome a entre les mains les moyens de mettre en place les exigences d’une société chrétienne. Depuis le plan militaire (où défaillaient les Mérovingiens) jusqu’au plan matrimonial (avec l’imposition du célibat des clercs ou la sacramentalisation du mariage des laïcs).

Au plan militaire, mentionnons : le renforcement d’institutions comme «la paix de Dieu» ou «la trève de Dieu», qui exigent des seigneurs qu’ils cessent leurs conflits intestins en des périodes déterminées ; le déclenchement de croisades — en Terre sainte dès 1095 à l’appel du pape grégorien Urbain II — ; où «internes» comme en 1204 le… «dérapage» qu’est le sac et la conquête de Constantinople ; ou le projet de croisade contre l’Angleterre ; ou, proclamée en 1208 par Innocent III, la croisade qui s’ébranle en 1209 contre le Languedoc accusé de protéger les cathares, ou plus tard, au XVe siècle, la croisade contre les Tchèques hussites.

Ce pouvoir inclut aussi le plan policier, avec la création pour lutter contre les cathares, de l’Inquisition en 1233 par le pape Grégoire IX ; le plan « psychologique » avec le contrôle des âmes à l’occasion de tout le système de canalisation de la grâce que fera sauter Luther ; etc.

Où l’on voit que parallèlement à la mise en place de l’Église grégorienne, des mouvements de contestation se sont élevés, des hérésies aux dissidences et jusqu’à des mouvements de pré-réforme, des mouvements précurseurs de la Réforme protestante.

1) Les cathares

En premier, l’hérésie cathare, selon son nom devenu conventionnel, qu’elle n’a jamais revendiqué (il s’agit d’une insulte signifiant «chatistes» — adorateurs du chat, figure du diable —, plutôt que «purs» selon l’étymologie grecque donnée à ce mot employé par des latins). Il s’agit d’un mouvement — dualiste — dont les racines remontent avant la réforme grégorienne puisqu’on voit des bûchers de dualistes dès le tournant de l’an mil. Un mouvement similaire, avec lequel les cathares partageront la même structure ecclésiale dès le XIIe siècle, les « bogomiles », apparaît dès le Xe siècle en Bulgarie.

Dualiste, l’hérésie cathare considère que la vie terrestre n’est qu’un exil malheureux dans un monde dominé par le diable : un monde de douleurs, de guerre, de violence et de sang. Le salut consiste à en être racheté. Et voilà que l’Église de la réforme grégorienne, dont les aspirations sont pourtant dans un sens assez proches des exigences cathares, a de fait pactisé avec ce monde diabolique, fomentant guerres — croisades — et État policier — avec l’Inquisition.

2) Les vaudois

Voilà donc une Église dans le siècle, une Église riche. Confrontée à sa propre exigence de pauvreté, et qui suscite alors l’opposition des plus exigeants de ses fidèles. Dans les années 1170, un riche marchant de Lyon, Vaudès (alias Pierre Valdo), entendant la parole de Jésus au jeune homme riche : « si tu veux être parfait, va, vends tout ce que tu as et suis moi », abandonne ses biens et se consacre à l’annonce de cette bonne nouvelle. Son mouvement sera condamné par Rome pour insubordination. Il n’en disparaît pas pour autant — le mouvement vaudois — qui subsiste jusqu’à aujourd’hui, rallié à la réforme calviniste en 1532.

Et il fait vite tache d’huile. Quelques années après, François d’Assise, dont la mère semble avoir été vaudoise, emboîte le pas à Vaudès… et est reconnu par le pape Innocent III (on ne fait pas deux fois le même coup au pape).

L’exemple cathare aussi a fait tache d’huile : Dominique de Guzman, constatant l’échec de la politique romaine et cistercienne contre les cathares d’Occitanie, décide de suivre leur exemple de vie pour prêcher la parole romaine.

3) Le mouvement de Wyclif

La contestation ne s’en amplifie pas moins contre une Église qui veut gérer jusqu’aux replis les plus intimes des âmes : elle gagne aussi les théologiens, comme l’Anglais John Wyclif, qui au XIVe siècle (il meurt en 1384), remet déjà en question les prétentions romaines voulant dire le sens des Écritures. Wyclif considère la parole scripturaire comme supérieure à celle de l’Église : où l’on atteint ce qui sera un pôle de la Réforme : sola scriptura.

4) Les hussites

Le Tchèque Jan Huss se veut disciple de Wyclif. Son mouvement atteint une importance considérable : il rallie aussi les vaudois — on a parlé d’ « internationale valdo-hussite » — et débouche sur une révolution en Moravie, contre laquelle la croisade romaine et impériale échouera. Jan Huss est condamné au bûcher en 1415 au concile de Constance.

La révolution morave débouche sur un compromis : la rupture avec Rome n’a pas eu lieu. Elle aura lieu à l’occasion de la découverte intérieure de Luther : en 1521, Luther est excommunié. La moitié de l’Europe le suit. Le protestantisme est né, qui va se développer en plusieurs courants.

La réforme et ses principaux courants (on en nommera six)

1) Luthériens

Point commun de tous ces courants, le fondement luthérien : on est juste devant Dieu sola fide — par la foi seule. Et on trouve ce message dans l’Écriture seule — sola scriptura. Bref, on est libéré par la grâce seule — sola gratia. Ce qui produit un christianisme extrêmement simplifié, à la gloire de Dieu seul — soli Deo Gloria.

Sola fide : tel est le pôle luthérien et déclencheur de la Réforme. Par son second pôle, sola scriptura, la Réforme participe du mouvement humaniste.

2) Réformés — ou calvinistes

Le mouvement humaniste de la Renaissance consistait comme on sait en un retour aux « humanités », aux textes littéraires de l’Antiquité, par delà les développements philosophiques ecclésiastiques. Parmi les textes de l’Antiquité, les auteurs grecs et latins, de Platon à Virgile, mais aussi les textes bibliques, en leur forme originelle, hébreu et grec.

Des éditions des textes bibliques se font jour, comme le Nouveau Testament en grec édité par Érasme. Le mouvement se répand en Europe, qui s’intéresse aussi à l’œuvre de Luther, avec en France un Lefèvre d’Étaples, en Suisse un Zwingli, etc.

Ulrich Zwingli sera la première figure de la seconde branche protestante, la branche réformée. Zwingli et Luther rompent (à Marburg en 1529) sur la question de la sainte Cène, l’Eucharistie : Luther entend soutenir une position « réaliste » : le pain et le vin consacrés sont en même temps vraiment corps et sang du Christ ; Zwingli a une position plus « symboliste » : la présence du Christ est essentiellement « spirituelle ». Le dissensus sera « réglé » en 1973 avec la Concorde de Leuenberg !

Le Français Jean Calvin est appelé à Genève, dont il devient la figure réformatrice clef. Il opère une synthèse entre Luther et Zwingli tout en restant dans le courant réformé, en devenant même le théologien central, rassemblant sa pensée dans l’Institution de la religion chrétienne, dédiée au roi François Ier dont il espère l’adhésion à la Réforme.

3) Épiscopaliens, anglicans et puritains

Si la monarchie française n’est pas passée à la Réforme, plusieurs en Europe ont franchi le pas. Les monarchies scandinaves sont devenues luthériennes. L’Angleterre est passée à la Réforme, adoptant une confession de foi de mouvance calviniste (les 39 articles), mais conservant, avec l’aval de Calvin conseillant le jeune roi Édouard VI, une structure d’Église épiscopale.

Les réformés adoptent pourtant en général plutôt une organisation «presbytérienne-synodale», y compris sur les îles britanniques, comme en Écosse. Avec cette organisation, la distinction prêtres-évêques n’apparaît plus, chaque ministre étant les deux à la fois, avec le simple titre : pasteur. L’Église locale est présidée par un conseil presbytéral, conseil d’ « anciens » — presbytres, et est représentée en synodes, où se joue l’unité des Églises locales entre elles.

La question de l’organisation ecclésiastique sera une des raisons du conflit entre les « épiscopaliens » (partisans d’une organisation avec évêques) et les « puritains », partisan d’un système plus purement représentatif,… démocratique (rien à voir avec les connotations médiatiques du terme, apparemment confondu avec pudibond ?!). Les puritains sont à l’origine de la révolution puritaine anglaise de 1649 et de la révolution américaine, dont l’influence sur la révolution française a été déterminante.

Parmi les puritains : congrégationalistes (partisans d’une gestion autonome de chaque communauté ecclésiale), baptistes, quakers…

4) Baptistes

La Réforme ayant ramené la source d’autorité religieuse de la papauté à la Bible, des débats se sont mis en place sur des points divers, dont la sainte Cène (comme entre Luther et Zwingli) ; ou le baptême : certains contestent la légitimité du baptême des enfants, appelés «anabaptistes» («rebaptiseurs») au XVIe siècle. En Angleterre, au XVIIe siècle, ceux qui adoptent ce point de vue recevront le nom de «baptistes». Baptiste célèbre : Martin Luther King.

5) Méthodistes

Comme tout mouvement religieux, le protestantisme a eu tendance à s’assoupir, suscitant en contrepartie des mouvements dits de «réveil». Le «piétisme» en est un des plus connus, initié dans le luthéranisme germanique, mais qui traversera toutes les Églises. Il s’agit ici d’insister sur l’importance de la vie intérieure, sur la dimension spirituelle, au-delà de la ritualité.

Le mouvement puritain connaît aussi cette exigence, centrale chez les quakers au point qu’ils abandonnent les rites.

D’une autre façon, c’est cette exigence qui est à l’origine de l’action réformatrice de John Wesley. On peut le considérer, bien qu’apparaissant au XVIIIe siècle, comme un troisième nom de réformateur, avec Luther et Calvin.

John Wesley fonde sur son exigence de renouveau intérieur et spirituel une véritable réforme, dont la prédication le verra finalement , malgré lui, être exclu de l’Église anglicane dont il est prêtre. C’est l’origine d’un des courants importants du protestantisme qui existe jusqu’à aujourd’hui.

Cette considération « piétiste » que ce qui fait l’homme, et le chrétien, est au-delà de toute considération ethnique, nationale, ou de couleur, est à l’origine de l’abolition de l’esclavage. Premiers abolitionnistes, les quakers, qui dès le XVIIe siècle, dans leur colonie de Pennsylvanie, s’interdisent toute possession d’esclave. Et l’influence du mouvement méthodiste est décisive dans la législation anglaise abolissant l’esclavage. Ce qui fait l’homme, et qui fait l’homme libre, c’est sa réalité intérieure, qui condamne toutes les classifications dont s’autorise l’esclavage et le racisme qu’il fonde.

6) Pentecôtistes

Le XXe siècle verra naîtra, dans une mouvance proche du méthodisme, le mouvement pentecôtiste, devenu un courant important du protestantisme contemporain. Né dans les milieux africains-américains, autour des pasteurs Charles Parham et William Seymour, le pentecôtisme (tirant son nom de l’événement de la Pentecôte, dans le livre des Actes des Apôtres, chapitre 2) effectue une synthèse entre la tradition protestante anglo-saxonne et la culture africaine-américaine, synthèse dont sont issus aussi le blues et le jazz.

Le mouvement se réclame de l’effusion de l’Esprit saint dotant les croyants d’une vie intérieure qui se traduit par un renouveau de la piété, d’où la forme des célébrations et des chants ; et se veut une libération totale, y compris psychique, et thérapeutique. Le pentecôtisme a influencé les autres Églises, y compris l’Église catholique, avec le mouvement charismatique.

En sortant de son milieu d’origine, le mouvement a parfois rejoint des tendances «fondamentalistes» du protestantisme nord-américain. «Fondamentalisme» désigne une tendance du courant «évangélique» en réaction contre les développements rationalistes qui se sont fait jour depuis le XIXe siècle.

*

Ce qui permet de parler des trois courants qui traversent toutes les traditions du protestantisme.

Trois pôles transversaux :

— « Orthodoxe », plus souvent appelé « évangélique » : le pôle conservateur, plus fréquent chez les baptistes et les pentecôtistes, et qui, en son aile la plus radicale, est dit « fondamentaliste » (c’est-à-dire qui se réclame des « fondements » bibliques de la Foi) — à ne pas confondre avec « intégriste » : le « fondamentalisme » protestant n’a, en principe, pas de vues de conquête politique.

— « Libéral » : un courant, contre lequel réagit le « fondamentalisme », et qui représente une synthèse de la théologie de la réforme et de l’héritage des Lumières, ou au moins une volonté protestante de tenir compte de cet héritage. En ses ailes radicales, ce courant a pu être parfois assimilé au rationalisme.

— Un troisième courant transversal est le courant « piétiste », dont se réclament éventuellement les deux autres, et notamment, plus fréquemment, le courant « évangélique ». Le courant piétiste correspond à cette volonté, finalement commune dans le protestantisme, d’insister sur la dimension intérieure de la relation avec Dieu, « sola fide ».

R.P.
Cannes — Institut Stanislas
3 février 2009

Philo-Sophia – programme 2008-2009

Publié dans Déroulement rolpoup le Samedi 31 janvier 2009 par rolpoup
 
 
 
 
vendredi de 12h15 à 13h45, à Sophia-Antipolis,
place Sophie Laffitte, salle Bérény

 

Enregistrements

2008 – 2009

 

>> * les dates en italique sont disponibles pour de nouvelles interventions

 

Dernière modification : le 16/09/08

► Accès enregistrements conférences : http.//www.cerclephilosophia.free.fr

>>> Contact : Eve DEPARDIEU, 04 93 13 01 45, evedepardieu@aol.com

 
 
 
 

2008

10/10/08

TOCCOLI Vincent-Paul

1. La question :

- Le sentiment d’une métamorphose des civilisations (V-P.Toccoli)

- Vers une nouvelle vision du monde (Pico Iyer)

- Au-delà des Lumières (18ème s) (A.Comte-Sponville)

17/10/08

MATHIS Robert

Médecine et Biologie : approche historique 1

24/10/08

BENNARD François

Sagesse millénaire du bouddhisme

Enregistrement

Vac. d’automne

Du 25/10 au 5/11/08

14/11/08

TOCCOLI Vincent-Paul

2. Les facteurs de mutation :

- L’impact des NTIC [Nouvelles Technologies de l’information et de la Communication] (J.de Rosnay, Nicholas Negroponte)

- Mutation linguistique (les langages) et culture(s) : globalisation (Cl.Hagège)

- L’affirmation du pouvoir autonome de l’information (Internet)

21/11/08

POUPIN Roland
2009 – Année Calvin / réflexions sur un héritage (1)

28/11/08

MATHIS Robert

Bioéthique et Bio politique : Darwin et le darwinisme social 2

Enregistrement

5/12/08

BESSON-MEDOUNI Agnès

Résurgence d’une politique civilisatrice : héritage de Hegel, entre autres…

Enregistrement

12/12/08

TOCCOLI Vincent-Paul

3. La mondialisation et…

- … le (nouveau) rôle des états (ONU, UE, ASEAN, …)

- … les valeurs et l’éthique (H.Küng)

- … et lien social (Worldcitizenship)

Enregistrement

Vac. de Noël

Du 20/12 au 4/01/09

2009

2009

9/01/09

DEPARDIEU Ève

La notion de “personne humaine” a-t-elle encore un sens face à la pluralité des cultures, des civilisations, voire des mondes… ?

Enregistrement

16/01/09

GUEZ Elie-Léo

Monothéisme et Ethique

Enregistrement

23/01/09

GUEZ Elie-Léo

Les philosophes influencés par la tradition hébraïque

Enregistrement

30/01/09

POUPIN Roland
2009 – Année Calvin / réflexions sur un héritage (2)

Enregistrement

6/02/09

TOCCOLI Vincent-Paul

L’autre ou l’impossible dissemblance

Enregistrement

13/02/09

MATHIS Robert

Médecine et Biologie : approche historique 3

Enregistrement

20/02/09

MATHIS Robert

Médecine et Biologie : approche historique 4

Enregistrement

Vac. d’hiver

Du 21/02 au 8/03/09

13/03/09

POUPIN Roland
2009 – Année Calvin / réflexions sur un héritage (3)

Enregistrement

20/03/09

BESSON-MEDOUNI Agnès

Pour un humanisme non ethnocentré : héritage de Levi-Strauss

Enregistrement

27/03/09

MATHIS Robert

Médecine et Biologie : perspectives bioéthiques et bio politiques (5/5)

Enregistrement

3/04/09

TOCCOLI Vincent-Paul

4. Que faire des religions ? (V-P.Toccoli, Fr. Lenoir, O. Vallet)

- Les monothéismes intransigeants

- les sectes manipulatrices

- les nouveaux paganismes matérialistes

Enregistrement

*10/04/09

Au cas où…

Veille de vacances : * disponible

17/04/09

GOUIRAND Pierre

Sophistes et sophistique – 1

Enregistrement

Vac. de printemps

Du 18/04 au 3/05/09 + congés du 8/05 et du 22/05 (Ascension) et du 31/05 (Pentecôte)

15/05/09

DEPARDIEU Ève

Sophistes et sophistique – 2

Enregistrement

29/05/09

TOCCOLI Vincent-Paul

5. Les nouveaux phénomènes mythologiques (V-P.Toccoli)

- Hayao Miyazaki et le chamanisme

- Paolo Coehlo et le nouvel âge

- Second life et « les vies parallèles »

Enregistrement

5/06/09

POUPIN Roland
2009 – Année Calvin / réflexions sur un héritage (4)

Enregistrement

12/06/09

TOCCOLI Vincent-Paul

6. Conséquences immédiates:

- La question du développement durable (Amartya Kumar Sen)

- L’éducation ouverte sur la nouvelle civilisation (E.Morin)

- Passeport pour l’ère du virtuel (R.Berger, M.Volle, H. Fischer, J-M.Truong)

7. Définition d’une possible civilisation (V-P.Toccoli) :

  • Analyse des inconscients collectifs (S.Freud, C-D. Jung et H.Marcuse)
  • Grammaire des processus de civilisation (F.Braudel)

Clash ou Paix (S.Huntington, E.Morin)

Enregistrement