Afin que, par lui, nous devenions justice de Dieu

 

 

« Le Christ-Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs »
(1 Timothée 1, 15)
« Celui qui n’avait pas connu le péché, il l’a, pour nous,
identifié au péché, afin que, par lui, nous devenions justice de Dieu. »
(2 Corinthiens 5, 21)
« Car ce n’est pas à des anges qu’il vient en aide »
(Hébreux 2, 16)

« Il a été tenté comme nous à tous égards, sans commettre le péché »
(Hébreux 4, 16)

 

 

La trilogie cosmique de C.S. Lewis

 

1) Au-delà de la planète silencieuse (Out of the silent planet), roman de C. S. Lewis, 1938 (trad. fr. : Folio SF n° 301)

« Le philologue Ransom, professeur à Cambridge, cinquantenaire sans famille, fait une mauvaise rencontre au cours d’une randonnée dans la campagne et est kidnappé par deux savants qui l’emmènent dans un astronef de leur fabrication sur la planète Mars (Malacandra), une curieuse planète où il fait la connaissance des sympathiques hrossa entre autres créatures, avant de comparaître devant l’indéfinissable Oyarsa qui lui apprend l’histoire de la rébellion de Thulcandra, la planète silencieuse (la Terre).

 

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Ce premier roman de Lewis est dans le meilleur style de la science-fiction à la H. G. Wells : un voyageur égaré dans un environnement complètement étranger raconte ses aventures. C’est très bien écrit, ce qui est assez rare pour le genre, et cela a un côté vieillot plutôt plaisant, avec des descriptions de paysages extraterrestres relevant d’une imagination très riche et originale. Lewis avoue dans son prologue avoir sciemment quoique révérencieusement subverti Wells, dont les thèmes habituels sont renversés : l’espace n’est pas vide mais infiniment plus riche que la terre ; les extraterrestres ne sont pas de terribles créatures destructrices mais sont amicaux et sans histoire, alors que c’est l’homme qui sème la mort autour de lui. Le roman met en place une cosmogonie originale, où les puissances célestes de la mythologie classique sont intégrées de façon très convaincante dans une vision discrètement chrétienne de l’univers ; en filigrane on distingue un formidable tableau de la chute et de la rédemption de l’humanité. »
(Extrait de : Sébastien Ray –
http://www.portail-cslewis.org/livres/planete.html
)

« Lors d’un précédent voyage, les deux scientifiques (rationalistes endurcis) ont découvert trois espèces de Martiens, non humains d’aspect, mais pourvus d’intelligence, de sensibilité et d’une âme. Ils y ont rencontré aussi l’Eldil de Mars qui apparaît comme une colonne de lumière. Croyant que toute religion ne peut être que barbare, nos deux savants ont tout simplement pensé que les Martiens leur seraient plus favorables s’ils faisaient un sacrifice (humain) à leurs dieux… Mais Ransom leur échappera et découvrira un monde qui n’a jamais été chassé du Paradis, où les trois espèces vivent en parfaite harmonie et qui est dirigé par un ange ou eldil. II apprendra de l’Eldil la « grande langue solaire » et tous les secrets de l’univers lui seront dévoilés. II donnera, lui, en échange, des informations sur la « planète silencieuse », la Terre, dont l’ange (le Diable) est corrompu, les autres mondes ayant perdu tout contact avec elle depuis la création de l’homme. Pour qu’elle ne puisse étendre son domaine du mal aux autres planètes: la Terre est d’ailleurs entourée d’une ceinture protectrice de radiations. C’est pourquoi l’Eldil de Mars prendra la décision de renvoyer l’astronef, avec les trois voyageurs, sur Terre, mais sa matière sera traitée de façon à ce qu’il se désintègre aussitôt après l’arrivée. II espère, avec Ransom, que cette leçon sera salutaire. Le retour se fait . L’histoire semble finie… »
(
Extrait de : http://membres.lycos.fr/starmars/lewis.html)

 

2) Perelandra, roman de C. S. Lewis, 1943 (trad. fr. : Folio SF n° 309)

« Le professeur Ransom, héros de Au-delà de la Planète silencieuse de retour sur terre, est sollicité par l’Oyarsa rencontré sur Malacandra, pour se rendre sur Perelandra (Vénus), où il se prépare des choses sinistres. Le professeur Weston, en effet, maintenant complètement contrôlé par « le Tordu » qui gouverne Thulcandra, se prépare à s’y rendre pour faire tomber Perelandra dans la vaine rébellion de son maître contre Maleldil, le Créateur. Les deux hommes s’affrontent donc, dans un cadre édénique, autour d’une désarmante nouvelle Ève perelandrienne, avec pour enjeu la chute ou le salut de ce monde.

 

 

Les descriptions très réussies de Perelandra sont accessoires devant la fort convaincante mise en scène d’une tentation du jardin d’Éden légèrement modifiée dans ses détails, ne serait-ce que par la présence d’un avocat de Dieu, lui-même pourtant créature déchue, dont nous suivons les affres alors qu’il ne se sent pas de taille à affronter les arguments diaboliquement malins (c’est le cas de le dire) de Weston. La discussion est menée en des termes extrêmement simples, les deux parties devant s’adapter à l’innocente ignorance de la Dame qu’ils cherchent à convaincre : ce qui aurait pu devenir un débat incompréhensible et ennuyeux garde ainsi toute sa fraîcheur et son intérêt. La fin nous donne un bel aperçu poétique de la profonde pensée religieuse, et en particulier christologique, de Lewis. »
(Extrait de : Sébastien Ray –

http://www.portail-cslewis.org/livres/perelandra.html
)

 

3) Cette hideuse Puissance (That Hideous Strength), Conte moderne pour adultes, roman de C. S. Lewis, 1945 (trad. fr. : Folio SF n° 314)

« Bien que traditionnellement rattaché à la « trilogie cosmique », ce roman se déroule entièrement sur terre, et commence d’ailleurs dans un cadre tout à fait banal de discussions d’antichambre et de luttes d’influence dérisoires. Le passage progressif à l’invasion par un organisme tout-puissant et tentaculaire puis à un combat aux dimensions presque cosmiques est très bien fait, quoique potentiellement perturbant pour un lecteur qui n’aurait pas remarqué le sous-titre : « conte moderne pour adultes ».

Le roman constitue une sorte d’illustration des dangers du mythe scientiste du pouvoir de l’homme sur la Nature, déjà étudié par Lewis dans les trois essais de l’Abolition de l’homme. L’atmosphère incroyablement malsaine du N.I.C.E. est excellemment construite, et les conséquences logiques de la tentative de mise en œuvre d’un pouvoir « scientifique » sont très bien pensées : c’est très naturellement que l’on passe de discussions consensuelles sur la supériorité absolue de la science à l’horreur du totalitarisme.

Il est assez amusant de voir Lewis utiliser l’univers fantastique de J.R.R. Tolkien dans l’état où il était dans les annés 1940 — bien avant la publication du Seigneur des anneaux, et utiliser largement Charles Williams, tant dans la structure du roman (apparition du surnaturel dans un cadre banal) que dans les thèmes (le cycle arthurien), et jusque dans le personnage de Ransom. »
(
Extrait de : Sébastien Ray – http://www.portail-cslewis.org/livres/hideuse.html)

 

*

 

Excursus :

La rédemption et le péché : C.S. Lewis s’inscrit dans une lignée précise de lecture de la rédemption accomplie par le Christ : en rapport très précis avec le péché. La question s’est posée dans l’histoire de la christologie chrétienne : le Christ se serait-il incarné si l’homme n’avait pas péché ? Au Moyen Âge, dans les écoles de la scolastique, deux hypothèses ont été envisagées. Dans l’école de Duns Scot, la réponse a été : il se serait incarné même si l’homme n’avait pas péché. Dans celle de Thomas d’Aquin, on a donné la réponse plus classique, qui animait le « felix culpa… » des Pères de l’Église (« heureuse faute qui nous a valu un tel Sauveur ») : le Christ s’est incarné parce que la chute a eu lieu. Ce sera encore la réponse de Calvin, qui considère même la première hypothèse comme spéculation inutile. C.S. Lewis aussi adhère à cette option plus commune. C’est cette conviction qui fonde sa trilogie et que sa trilogie illustre, à travers son mythe donnant des êtres intelligents sur Mars et sur Venus : l’Incarnation y est inutile, n’y ayant pas de faute à racheter. Le Christ, manifestation éternelle du Dieu unique et universel, n’a à s’incarner que pour la Terre, exception pécheresse du fait d’une humanité qui y a basculé dans le mal à l’instar de l’ange déchu qui en est le gestionnaire : le diable.

R.P.

 

 

 

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Une Réponse to “Afin que, par lui, nous devenions justice de Dieu”

  1. J’ai été en admiration devant les contrastes entre les trois espèces pensantes de malacandra, ainsi que devant l’émouvante candeur de l’Eve perelandrienne.

    Un peu moins séduit par les arguties qui se déploient dans le troisième tome…

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