La résurrection du Christ

selon Calvin, Institution de la religion chrétienne, II, xvi, 13 :

D’autant qu’en la croix, en la mort et en la sépulture de Christ n’y apparaît qu’infirmité, il faut que la foi passe outre, pour être pleinement corroborée. Ainsi, bien qu’en sa mort nous ayons entier accomplissement de salut, vu que par elle nous sommes réconciliés à Dieu, il a été satisfait à son juste jugement, la malédiction a été abolie, et nous avons été acquittés de toutes les peines dont nous étions redevables: néanmoins il n’est pas dit que par la mort nous ayons été ressuscités en espérance vive, mais par la résurrection (1 Pierre 1: 3). Car comme lui, en ressuscitant, s’est montré vainqueur de la mort, ainsi la victoire de notre foi consiste en sa résurrection.

« Alors qu’il faisait encore sombre, elle se rend au tombeau »…

NOTRE JUSTIFICATION

Les mots de S. Paul montreront mieux ce que cela veut dire, quand il dit qu’il est mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification (Rom. 4: 25): comme s’il disait que par sa mort le péché a été ôté, par sa résurrection, la justice a été instaurée. Car comment en mourant nous eût-il pu délivrer de la mort, s’il y eût succombé? Comment nous eût-il acquis la victoire, s’il eût défailli au combat? C’est pourquoi nous partageons la substance de notre salut entre la mort de Christ et sa résurrection, de telle sorte que nous disons que par la mort le péché a été détruit, et la mort effacée; par la résurrection, la justice établie, et la vie remise au-dessus: et cela en telle sorte que c’est par le moyen de la résurrection que la mort a son efficace.
C’est pourquoi S. Paul nous montre que Jésus-Christ a été déclaré Fils de Dieu en sa résurrection (Rom. 1: 4), parce qu’alors il a déployé sa vertu céleste, qui est comme un clair miroir de sa divinité, et un ferme appui de notre foi. Comme en un autre passage il dit qu’il a souffert selon l’infirmité de la chair, et est ressuscité de la vertu de son Esprit (II Cor. 13: 4). Selon le même sens, en traitant de la perfection, il dit: Je m’efforce afin de le connaître, et la vertu de sa résurrection (Phil. 3: 9-10). Au reste, il ajoute tantôt après, qu’il poursuit d’être conjoint et associé à sa mort. A quoi s’accorde très bien le dire de S. Pierre: que Dieu l’a ressuscité des morts, et lui a donné gloire, afin que notre foi et espérance fût en Dieu (1 Pierre 1: 21): non pas que notre foi étant appuyée sur la mort de Jésus-Christ chancelle, mais que la vertu de Dieu qui nous garde sous la foi, se découvre principalement et démontre en la résurrection.
Qu’il nous souvienne donc, toutes les fois qu’il est fait mention seulement de la mort, que ce qui est propre à la résurrection y est compris; qu’il y a aussi une même raison et forme de parler, quand la résurrection est nommée seule, parce qu’elle tire avec soi ce qui convient spécialement à la mort. Mais parce que Jésus-Christ en ressuscitant s’est acquis la palme de victoire, pour être résurrection et vie, S. Paul à bon droit débat et maintient que la foi serait anéantie, et que l’Evangile ne serait que fallace et mensonge, sinon que nous soyons bien persuadés en nos cœurs de la résurrection de Jésus-Christ (1 Cor. 15: 17). C’est pourquoi en l’autre passage, après qu’il s’est glorifié en la mort de Jésus-Christ contre toutes les frayeurs de condamnation qui nous troublent, il ajoute, pour mieux amplifier, que celui qui est mort est aussi ressuscité, et apparaît devant Dieu intercesseur pour nous (Rom. 8: 34).

NOTRE SANCTIFICATION

Davantage, comme nous avons ci-devant exposé que la mortification de notre chair dépend de la communication de la croix de Christ, aussi il faut entendre qu’il y a un autre fruit correspondant à celui-là, provenant de sa résurrection. Car nous sommes, comme dit l’Apôtre, entés en la similitude de sa mort, afin qu’étant participants de sa résurrection, nous cheminions en nouveauté de vie (Rom. 6: 4-5). C’est pourquoi en un autre lieu, comme il déduit un argument de ce que nous sommes morts avec Christ, qu’il nous faut mortifier nos membres sur la terre: aussi, de ce que nous sommes ressuscités avec Christ, il infère qu’il nous faut chercher les choses célestes (Col. 3: 1-5). Par ces paroles, non seulement il nous exhorte à nouvelle vie, à l’exemple de Christ ressuscité, mais il enseigne que cela se fait par sa vertu, que nous soyons régénérés en justice.

NOTRE RÉSURRECTION

Nous avons une troisième utilité de cette résurrection: c’est que comme ayant une arrhe de la résurrection, nous en sommes rendus plus certains de la nôtre, d’autant que celle de Christ en est le fondement et la substance, comme il en est parlé plus à plein en la première aux Corinthiens (ch. 15).
Il faut aussi en passant noter qu’il est dit être ressuscité des morts: en quoi la vérité de sa mort et résurrection est signifiée, comme s’il était dit qu’il a souffert une même mort que les autres hommes, et qu’il a reçu immortalité en la même chair qu’il avait prise mortelle.

… »et voit que la pierre a été enlevée du tombeau. »
(Évangile de Jean ch. 20, v. 1)

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Cf. :
Calvin au-delà des caricatures
Calvin et les manuels scolaires…
Calvin en bref
Prédestination…
Calvin et la Loi de la liberté
Le calvinisme et la Cité
Protestantismes réformés
Calvin et l’élection : la pérennité de l’Alliance
Année Calvin. Un cheminement intéressant…
Pourquoi Calvin aujourd’hui ?
Obsession Calvin
Une Alliance qui ne peut être rompue

 

 

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